Berio dit en préambule : « Que peut-on dire sur la musique ? Il n'y a rien à en dire. »
C'est pourtant ce qu'il s'emploie à faire 200 pages durant...
Je m'attendais à une personnalité à la mesure de l'œuvre. Il n'en est rien. J'ai l'impression que n'importe quel compositeur ou musicien actuel pourrait dire la même chose, soit :
pas grand-chose ; ou alors, des évidences théoriques canalisées par son parcours au sein d'un monde particulier, parcours très semblable à une multitude d'autres au sein de ce même milieu. Il ne sort rien de tout cela, preuve peut-être que la tâche d'un compositeur est bien de faire,
et puis de se taire...
Quelques notes à reporter...

- 75 et suivantes : les usa ;
- 77
ä les compositeurs sérieux (la seconde fois entre guillemets) ;
- 109 : la coupure en « vienne », soit :
« stalino-jdanovienne » coupé en bout de ligne et qui donne :
« stalino-jdano-vienne » ;
- 111 et suiv. : l'improvisation ; de quoi parle-t-il exactement ?
de quelle sorte d'improvisation ?
- 167 : une nouvelle pensée musicale. Qu'il le veuille ou non
(et sans doute ne veut-il pas, puisqu'il ne le sait pas), cette nouvelle pensée
– déjà faite ou non – appartient désormais au monde total de la musique,
soit celui qui s'exprime en-dehors de la salle de concert, du laboratoire, du conservatoire.
La musique appartient désormais au son et non plus à la partition (la partition coûte que coûte). À l'image de Boulez, Berio est englué dans un monde strict, étriqué et figé
qui ne conçoit que le rapport compositeur/interprète,
comme si toute autre formule était impossible ou inconcevable ou invalide :
ce monde est identique à celui des siècles précédents ; la différence, c'est le décor.
(Mais Berio est tout de même un compositeur infiniment plus intéressant que
Boulez).

3 août 1999