Elles sont allées à la Piscine. Éléonore m’en a rapporté Fumetti de Butz et Fouque (je devrais écrire Butz&Fouque). Je l’avais déjà vu et pas aimé. Elles y jouent avec l’érotique polisson d’une certaine époque, bas résille, chapeaux de cow-boys, chemises à carreaux, accessoires ridicules. Je n’aime pas ce jeu-là, pas ici. Elles s’y dévoilent entièrement, au propre comme au figuré. En montrant tout de leur corps et surtout de leur visage, elles font tomber le mystère qui, en dehors de la qualité de leurs photos, était pour moi le plus important de leur travail, était, en tout cas, ce que j’aimais chez elles. Ce déballage ne me plaît pas et, à mon sens les font basculer dans le convenu, voire l’ordinaire. La postface ne fait que l’accentuer (d’une certaine Virginie Lauvergne), très critique d’art avec tous les clichés du genre (mais peut-être est-ce un jeu aussi), la typo est moche et à la limite du lisible. J’y note en outre cette explication pour « fumetti » : « En anglais le terme “ fumetti ” désigne le plus souvent les romans-photos italiens. » Il se trouve qu’en italien aussi, et il désigne avant tout les bandes dessinées.

(Il y aurait aussi une forme de provocation – je viens de voir sur le réseau qu’elles avaient présenté ce travail à la mascarade politique de La force de l’art – gratuite, et bête.)

 

20 novembre 2011