De voir le nom de Ramuz sous la plume d'un homme que je ne vais sans doute pas tarder à aimer m'a fait légèrement tressaillir.

Pour le ton toujours tout près du précipice, il me fait penser à Duras. Pour le coulé et le chaos des mots, la fièvre et la tension du cœur, je pense à Ramuz (évidemment ! maintenant qu'il l'a dit !).

Une montagne, une avalanche (ou pas), quelques types agrippés aux roches, et Ramuz qui arrive, avec ses mots pleins les poches, qu'il tire et plante près des mains des hommes comme d'affreux petits piolets. Une fois tous ses ustensiles fichés, il va se mettre à escalader la Suisse jusque dans le ciel.

Guillaume, Guillaume, là encore j'ai tressailli, car Guillaume, c'est mon second prénom ; le prénom que je me suis choisi. Non parce qu'il me plaît davantage qu'un autre, mais bien parce qu'il résonne d'une manière particulière à travers le temps et l'histoire ; et à travers mon temps et mon histoire, les deux ayant coïncidé à un moment précis et continuent à coïncider depuis ce temps.

7 novembre 1992