Je suis allé à la vente de livres d’Amnesty International : une trentaine de personnes, une demi-douzaine de marchands avec leur air chiffonné de pro accroché à leur tablette, ils m’agacent (ils n’achètent que des gros machins, alors que j’ai trouvé plein de petites choses juteuses) – encore qu’il faille distinguer « marchands » et « bouquinistes » ; je pense que les véritables bouquinistes n’ont pas besoin de leur téléphone pour vérifier les cotes ; les marchands si (ils n’ont du reste pas le même air) et ils me donnent l’impression d’acheter un peu n’importe quoi ou de ne pas trop savoir ce qu’ils achètent, ce qu’il faut acheter (l’un d’eux, jeune, vérifiait le prix d’un livre de cuisine au micro-ondes : qu’est-ce que ça vaut, qui va acheter ça et c’est lourd, donc cher à l’envoi ?). J’en suis revenu avec une quarantaine de livres ; il y en avait certains que n’importe quel marchand – ou bouquiniste, à moins qu’il ne soit spécialisé – n’aurait pas dû laisser passer. Je suis en train de les mettre en ligne, l’un d’eux est L’homme qui de Peter Brook qui a aussitôt allumé quelque chose en moi : un sous-titre à Mai : « L’homme qui », et pour que l’on ne puisse pas m’accuser de plagiat, « L’homme que ». (« Pour moi, ce sera L’homme-queue », m’a dit Gabriel en parlant de son Journal du jus…)

 

28 octobre 2016