Je ne sais pas bien ce que j’ai fait aujourd’hui, sinon vaguement bricoler à l’écran, emballer des livres, faire à manger, manger, puis, avec un café et une énième cigarette, hésiter entre la fin d’Antunes et Sandrine Bonnaire. C’est à elle que j’ai consacré les deux heures suivantes, à me demander ce qui pouvait m’attacher à ce type de texte, l’entretien, les souvenirs de tournage, les impressions, les anecdotes, les petites histoires, les réflexions (souvent judicieuses, du reste), Pialat, leurs relations ; et ça marche, je lis, c’est, d’une certaine manière, passionnant, et pourquoi est-ce passionnant ? Quelle force le cinéma a-t-il donc pour que toutes ces histoires aient un intérêt, alors qu’elles devraient n’en avoir aucun, puisque seul ce qui défile sur l’écran compte ? Ou devrait compter. Ça marche à tous les coups (avec moi, en tout cas), et que ça soit dans un documentaire, un reportage ou à l’écrit, je m’attache au moindre petit détail que les uns et les autres rapportent, en l’occurrence elle pour qui je n’ai jamais eu d’attirance particulière, que j’ai trouvée belle (elle l’est toujours), mais sans lui accorder plus d’importance que ça. Mais il s’agit de Pialat, qui est tout de même un personnage, et comme elle n’est pas bête et qu’elle en est aussi un à sa manière, l’intérêt est d’autant plus vif. Il n’empêche : d’où provient cet attrait-là ?

 

6 mai 2015