Il y a longtemps qu'il traîne dans les rayonnages et longtemps que mon regard se pose sur lui sans que je parvienne à le saisir et le lire. Voilà qui est fait. Il fallait bien un jour le faire, s'y mettre, ne serait-ce que pour pouvoir en parler. En fait, simplement connaître... Il y avait tout d'abord le préjugé du classique que représentait ce livre et son auteur. Puis celui, plus précis et plus justifié du seul livre de lui que j'ai lu jusqu'à présent, c'est-à-dire Trois contes. J'avais été consterné par sa platitude. C'était donc un bien mauvais départ pour la lecture de Bovary, classique des classiques. Mais contre toute attente (j'en ai lu une centaine de pages) je suis assez séduit. L'écriture n'est pas apprêtée, ni académique (pas trop, en tout cas ; pas ostensible) comme je le craignais. Au contraire, elle est relativement sobre et attrayante. Avec même parfois quelques notes d'humour. Dont je pensais les « maîtres » totalement dépourvus (mais je n'oublie pas le précédent proustien, et depuis, je me méfie, et m'attends à tout moment à prendre une nouvelle claque dans la figure... et à réviser donc certains jugements peut-être un peu trop hâtifs). En tout cas, à suivre...

13 avril 1990 (dans une lettre à B***)