J'arrive au terme de l'étrange biographie de ce non moins étrange être qu'était Philoxène Boyer, personnage pour qui je me suis pris d'une très forte sympathie... L'auteur, Sylvain Christian David, s'étonne, tout en le regrettant, qu'il ne reste rien de véritablement personnel de cet homme multiplement doué, sauf peut-être pour l'écriture ; sans doute est-ce pour cela qu'il n'a rien laissé de lui et s'est-il laissé recouvrir par l'histoire, l'histoire qui n'a accordé ses faveurs qu'à ses amis ou ses proches : Nerval, Baudelaire, Flaubert, Hugo. Pourtant, David se trompe, car il reste un livre de lui ; un très beau livre qui est celui que j'ai entre les mains et suis sur le point d'achever ; un livre qui fera la pérennité de Boyer enfouissant du même coup celle de son auteur que l'histoire, intraitable, va se dépêcher de balayer ; un livre que j'irai classer dans ma bibliothèque à la lettre B entre Baudelaire et Breton, et non à la lettre D où je ne saurais le retrouver. Car qui est David, Sylvain-Christian de ses prénoms ?... (Mais qui était Philoxène Boyer jusqu'à ce livre ?)