TGV 9 h 10. Un homme marche seul dans un champ. Une grue attend son tour. Un avion peine à décoller. Un panneau guette. Les éoliennes rivalisent avec les clochers. (Pour peu que l’on soit bien disposé, le moindre poteau est un ravissement.)

Mon voisin de gauche prend beaucoup de place. Il est bien assis. Il lit Le Monde. Du coup, je n’ai pas sorti le mien. J’ai envie de lui dire que c’est un mauvais journal et qu’il ferait mieux de réfléchir ou de lire un livre. Il y a une dizaine de minutes, il a sorti un petit carnet bleu d’un sac en plastique blanc identique au mien (à croire qu’il s’agissait du mien) pour y inscrire je ne sais quoi (il l’utilise de nouveau, notes qui semblent avoir un rapport avec la page Économie du Monde) à l’aide d’un stylo à bille bleu bon marché. Y figurent des tracés étranges, comme des dessins d’enfant (malhabile).

Au lieu de lire Le Monde, j’écris en alternance avec Rouge décanté de Jeroen Brouwers que m’a « prêté » Laurent (je ne sais jamais s’il prête ou s'il donne) et que j’ai entamé dans le métro entre Eurotéléport et Lille Europe. Au fait : je me rends à Paris. De là Toulouse où je serai aux alentours de 17 h 00. Je devais y être hier. Mais c’est une autre histoire.