Dans 3 semaines, Venezia. J’ai pensé qu’il ne serait pas tout à fait inutile de faire un peu d’exercice, sorte d’entraînement avant ma troisième rencontre avec elle (que j’ai fortement à l’esprit depuis quelques jours, images, sons qui se succèdent, impressions qui se chevauchent et où, décidément, le Lido revient souvent). J’ai alors prélevé de la souffrance, dans la nuit d’hier et avant de l’entamer dans la cuisine, appuyé contre le radiateur et avec une ultime – huitième – cigarette et un dernier café, Rubè, de G.A.Borgese (je ne trouve nulle part ses prénoms dans leur totalité), toujours dans la fameuse collection Oscar Mondadori, qui provient du même lot d’un unique lecteur qui parsème toujours, avec un soin, une patience que je trouve extraordinaires, les pages de marques, de traits, de repères, de croix, accents toniques en particulier, avec, cette fois, en première page, une date manuscrite à l’aide du même crayon gris :

30-10-82…

J’ai hésité un peu à la vue de ces 400 pages. Mais dès les premières lignes, je me suis laissé prendre par la langue, longue et souple. Je n’oublie pas en outre que Zweig recommandait Borgese dont le nom, auparavant, m’était totalement inconnu…

 

23 janvier 2003