Si elle ne l’a pas reconnu de suite, c’est en premier lieu à cause de sa position contre le battant, lové, replié, enroulé, recroquevillé, le visage enfoui dans l’encoignure du seuil et de la porte. Puis – mais s’étant déjà faite une petite idée à la vue de sa mise (le short trop grand de deux ou trois tailles, cette espèce de tricot ample, lâche et souillé, les brodequins d’un autre âge qui manifestement ont vécu) – à cause du visage qui, une fois découvert – à force d’insistance de sa part, de tractions et de caresses qui ont fini par obliger cette tête têtue à se relever et à pivoter en sa direction –, n’a pas révélé une identité, mais avant tout un masque d’affliction et de tuméfaction.

C’est impressionnant, et sa première réaction est un mouvement de recul avant qu’elle ne puisse effectivement mettre un nom sur ce visage démoli, et un visage à ce corps secoué de convulsions.

« Oh, mon pauvre Bruno ! »