La semaine dernière, j'ai commandé pour Susan, à Amazon, un livre sur les Celtes. J'en avais profité pour jeter un coup d'œil à droite à gauche, notamment sur la bibliographie de Ballard qui depuis Cocaine nights se faisait désirer. C'est là que j'ai découvert son nouveau roman, Super-Cannes que je me suis empressé de commander. Je l'ai reçu hier. L'ai entamé de suite. Déjà, dès les premières lignes, tout est là : Eden-Olympia, sorte de Silicone Valley à la française, aux abords de Cannes ; le narrateur est un ancien aviateur ; sa femme est médecin ; le lieu a été marqué par un meurtre en série aussi épouvantable qu'inexplicable... L'aviation, la médecine, un lieu paradisiaque idéal souillé par la folie meurtrière. C'est Cocaine nights et Running wild assemblés, réunis...

J'ai écrit hier que Godard faisait toujours le même film ; Ballard, depuis quelques années – mais peut-être depuis toujours, si l'on considère que le médecin et l'aviateur sont des constantes de son œuvre –, écrit le même livre, livre sur une vision d'un futur proche où prolifèrent les microcosmes clos et paradisiaques dans lesquels l'assistanat est total (voir la ville privée aux États-Unis, dont j'ai oublié le nom, ville idyllique mais régie par des lois implacables, clôturée et où il est impossible d'entrer sans montrer un passe, où l'on ne peut entrer sans avoir été au préalable invité par l'un des résidents. Dans cette ville, dans quelque temps, un homme ou une femme, se saisira d'un fusil et dans la douceur factice de ce rêve social californien [où était-ce ailleurs ?] décimera une famille ou deux avant de retourner l'arme contre lui...)...

Les récurrences : le Cessna, les cicatrices...