Que m'a conseillé, puis offert, Pierre, du Bavarois.
Que j'ai lu en deux fois, chose rare par les temps qui courent...
Multiples notes :

p. 24 :
PROCUL RECEDANT SOMNIA,
ET NOCTIUM PHANTASMATA...

(Elle est à qui veut la prendre. Pourquoi ai-je noté cela ?)

Digression, prétexte à l'étalage des souvenirs d'enfance qui, étrangement, ressemblent à tant d'autres – et qui, copies (tout le monde a la même enfance), n'ont pas ici lieu d'être. Ce n'est pas tant le souvenir d'enfance (d'en France ?) qui est agaçant que la manière de le raconter, de la rapporter, de l'exposer, de l'utiliser ; que l'importance et la valeur qu'on lui accorde comme si toute la vie ne se résumait qu'à l'attente du moment de pouvoir les raconter, voir Gadras, le bon vieux temps, le présent fait du passé. Seul Proust, peut-être, a su le transmuer, le transcender ; lui conférer une dimension à la mesure de l'écriture et de la vie : par le style etc... Proust ne s'épanche pas, ne s'attendrit pas (malgré les apparences). En fait, il ne se rappelle pas, en ce sens où ses (ces) souvenirs pourraient tout aussi bien être faux, n'être pas les siens. Qu'ils soient les siens ou non, qu'ils soient vrais, vécus ou non, n'a aucune espèce d'importance. Ils sont opportuns. Ils ne sont authentiques que par commodité.
(Et peut-être faute d'imagination...)

Encore un livre où tout le monde s'y retrouve. Complicité, voire connivence avec le lecteur qui soupire, se pâme, se prélasse, jouit. Il est chez lui...