Elle avait une jupe noire et un maillot noir qui la moulaient, elle était très belle ; je le lui ai dit. Puis je suis descendu avec le petit recueil de Malraux (non : Camus), les deux nouvelles, La femme adultère et Les Muets. Je me suis installé au salon qui a retrouvé son allure d’origine avec une cigarette et un café. Malheureusement, j’ai découvert que ces deux textes avaient été tirés de L’exil et le royaume que j’avais et avais lu. Mais quand ? J’étais persuadé de n’en avoir aucun souvenir et il aurait été stupide de renoncer à cette lecture sous le seul prétexte qu’elle avait déjà eu lieu des lustres auparavant. J’ai lu La femme adultère. En effet, je n’en avais aucun souvenir. Ça ne m’a pas emballé (il y a là quelque chose d’un peu vieillot, d’académique), mais j’avais la pensée d’Éléonore dans sa mise noire. J’avais envie de l’avoir contre moi. Je suis monté, elle s’apprêtait à aller au lit. Après le baiser de la nuit, je lui ai réclamé un cuddle qu’elle m’a donné volontiers (c’était assez comique : elle était à son bureau, et lorsque je le lui ai demandé, je me suis rendu compte qu’elle était en train de se brosser les dents et avait la bouche pleine ; elle est allée à la salle de bains, a libéré sa bouche et a commencé à se passer de la crème sur le visage, d’une manière très maladroite, presqu’enfantine ; elle s’en est même mis dans les cheveux qui pendaient de chaque côté de son visage. « We can get an appointment, if you want. » Nous avons ri et elle s’en enfin collée contre moi.

 

20 septembre 2014