She’s a girl. Elle ressemble un peu à Kim Wilde, en tout cas y fait penser, et lui rappelle vaguement cette fille de l’été qu’il a pressée contre lui, contre qui il l’a pressé jusqu’à s’oublier [sic], jusqu’à se répandre dans une totale et parfaite jouissance, celle qu’il privilégie entre toutes et qu’il va sous peu offrir à l’immobile, plate et glacée Carine.

Carine, c’est ainsi qu’il l’a appelée. Il a toujours regretté – et regrette encore – que les modèles de catalogue ne soient pas accompagnées de leur prénom. C’est dommage, c’est frustrant, c’est rageant ; et en règle générale, il ne parvient pas à leur en attribuer un, ou bien même n’y pense pas ; mais cette fois-ci, ç’a été instantané : à peine l’a-t-il vue qu’il a surgi, s’est imposé, et tombant en arrêt devant cette blonde banale, souriant dans sa fraîche tenue de plage, il a dit, à haute voix, et pour lui-même autant que pour elle qui sans nul doute a dû l’entendre : « C’est Carine ! »...