Venise. Et Casanova qui me revient à la mémoire, Histoire de ma vie dont jusqu’à présent je n’ai lu que le premier tome, les deux suivants étant épuisés. Cependant, à tout hasard, et sans doute Venise y est-elle pour quelque chose, qui aurait agi comme un signe propre à remuer des rotatives, je suis passé au Furet ce midi. Il y était. Ou plus précisément, elle y était, toute l’Histoire dans un coffret, avec, sur le côté, solitaire, le tome III... Le coffret, un vulgaire boîtier en plastique mou, est scellé par un film en plastique transparent, mais craqué sur le devant ; quelqu’un avait déjà cherché à y pénétrer. Je l’ai imité, en ai sorti le tome II, derrière lequel figurait le prix. J’ai donc cru bon de pouvoir l’acheter (???). Mais la caisse n’a pas voulu l’enregistrer. Appel à une vendeuse responsable qui me demande si je ne l’ai pas pris dans le coffret. « Non, » dis-je. « Vous ne l’avez pas pris dans le coffret ? » « Non, il était sur le côté. » Je la suis jusqu’au rayon. Elle m’explique, après avoir constaté qu’il sortait bien du coffret, qu’il ne peut être vendu séparément, qu’il faut le commander, encore qu’il y ait toutes les chances que l’éditeur refuse de le céder séparément. « Qu’est-ce que je peux faire, alors ? je possède déjà le premier tome. » « S’il est en bon état, on peut toujours vous le reprendre. » « Non, ça n’ira pas, il est plein de notes et il est un peu sale… » Je la suis jusqu’à une autre caisse en me demandant pourquoi j’ai dit cette chose incroyable, moi qui ne prends jamais la moindre note sur les pages et apporte toujours un soin extrême à mes livres. De même, pourquoi ai-je menti au sujet du coffret comme un enfant pris en faute ?… Il n’empêche, je ne pouvais repartir les mains vides et j’ai acheté le III, encore que je me demande dans quelle mesure, je n’aurais pas dû acheter le coffret et offrir le tome I, par exemple…

 

8 janvier 2002