J'ai passé une partie de la soirée avec Chagall, avec ce livre concernant son œuvre gravée que j'ai déniché la semaine dernière rue du Molinel à Lille. Dans une des préfaces – qui sont au nombre de deux, toutes deux aussi médiocres l'une que l'autre j'y reviendrai – est citée une phrase de Chagall. Je n'ai pas le texte sous les yeux, mais voici en substance ce qu'il dit : chaque tâche demande un immense travail, chaque ouvrage doit être repris, repensé, retravaillé sans cesse. Il faut s'y donner à 100 %, car même à 90 %, il ne peut y avoir de passion, et peut-être même pas de talent. J'ai acquiescé à cette évidence et aussitôt j'ai substitué à Journal du pauvre le Journal du mou…

Deux préfaces, ai-je dit.

Pourquoi deux ? D'autant que la seconde ne fait que répéter un historique déjà développé dans la première. À cette différence près qu'une même citation, « Rentre vite, tu es célèbre ici et Vollard t'attend » est attribuée à deux personnes différentes.

Une telle erreur à dix pages d'intervalle me semble assez stupéfiante.

Ce qui n'enlève rien à la qualité de l'ouvrage très bien fait et richement illustré,

Chagall est un ravissement.

 

3 janvier 1990 (dans une lettre à B***)