Éditions Parenthèses, mais l'on dirait plutôt, de par sa facture,
une thèse, un mémoire...
Le Groupe des Maisons Ouvrières au début de ce siècle. Architectes, « philanthropes », financiers, administrateurs réunis pour la réhabilitation de l'ouvrier. Ou son insertion, son intégration dans la modernité, lui que l'on a accoutumé aux galetas et aux taudis. Il faut désormais qu'il soit propre, bien logé, bien entouré, bien éduqué. Mais pas trop. Jusque ce qu'il faut. On se pose la question de ce qu'il lui faut. On essaie, on expérimente. On teste. C'est une sorte de bétail qu'il faut parquer et l'on étudie les meilleurs formes et moyens de ce parcage. La question de l'habitat, et donc de l'architecture dans ce sens, ne m'était jamais venue à l'esprit et en lisant ces études, en voyant ces plans, en découvrant le processus qui va de la question du projet à sa réalisation, puis à son amélioration suivant l'expérience, c'est le mot qui m'est apparu en premier : bétail. Des hommes décident pour d'autres où ils doivent loger, comment ils doivent être logés, qui doit y loger et selon quels critères, de quel espace ils devront jouir, quels seront leurs besoins. L'entreprise, louable quoi qu'il en soit, est un curieux mélange de vraie philanthropie et d'intérêt(s), souci réel d'aide au prochain tout en lui conservant sa laisse. Sorte de douce domestication. C'est extrêmement intéressant...