Je viens du balcon, j’ai les mains frigorifiées. Il fait un peu froid, mais c’est surtout la rage qui l’était puisque je l’avais oubliée dans la voiture et suis allé la chercher après le repas. J’avais lu les dernières pages en attendant Éléonore avant que nous quittions la maison en début d’après-midi. Il restait l’épilogue. Avant d’éteindre le laptop, j’avais pris connaissance de mon courrier. Y figurait un mot de James en réponse au mien où je lui disais tout le bien que je pensais de son livre. Il m’écrit, entre autres choses (il parle d’un texte « envoûtant » et je suis assez d’accord avec lui, le mot convient assez bien) : « je ne te dis rien de la fin ». La fin ne m’a pas vraiment surpris, je m’y attendais un peu, mais il restait l’épilogue. Je viens de le lire sur le balcon à la lumière un peu chiche d’une lampe que j’avais placée un peu au jugé à l’intérieur, de l’autre côté de la baie vitrée. Je suis déçu. Cet épilogue n’apporte rien, ne s’imposait pas, même s’il entre dans une certaine logique romanesque ; et il me laisse perplexe. « Elle » (la fille du docteur) est sur un bateau qui se dirige, sans nul doute, vers l’Amérique du Nord. Elle lit une lettre qui ne lui était pas adressée et qui donc n’est pas parvenue à son destinataire (l’ami du docteur). Puis elle laisse tomber un paquet à la mer. De quoi s’agit-il exactement ? On peut le deviner, je pense savoir, mais ça ne me semble rien apporter. C’est décevant (ça n’enlève rien à la force de  ce texte)…

 

28 janvier 2016