Christian est le second fils de Fabrice et Reine.

Il a à peine deux lustres à son compte, il est inconsistant, terne et grumeleux. Pour tout dire : insignifiant. À moins que l’on veuille bien trouver quelque intérêt au fait qu’il porte chaque jour ses repas à Sylvie, percluse et claustrée dans les combles de la maison de sa propre sœur où elle a trouvé asile et refuge suite à un différend conjugal.

Trois fois par jour, il lui monte un plateau, qu’il dépose sur une desserte à côté du petit radiateur qu’elle a préalablement éteint ; puis, après un temps d’arrêt qu’il sent vaguement nécessaire, quitte les lieux, laisse de nouveau seule cette tante qu’il n’aime guère mais qu’il trouvera certainement à son goût d’ici quelques années lorsqu’il se souviendra de sa frimousse en forme de pêche émergeant de sous l’édredon et de son sourire comme une queue de paraphe au bas d’un billet doux.