« Ma femme s'appelle Colette, nous avons six enfants : vingt, quinze, douze, dix, cinq ; et le sixième encore en chantier, regardez ! Mon père était coiffeur dans la Drôme, ma mère puéricultriste en Bretagne. C'était avant leur mariage, et puis un petit peu après aussi, quelques années, le temps qu'ils se décident à trouver une maison et un lieu de travail commun. Ç'a été Orléans. Où je suis né, regardez ! [...] Et puis voici mon frère, là, à côté, et ma sœur sur celle-ci. Elle était encore toute petite, je n'en ai pas d'autres, mais depuis elle a grandi, et vous la verriez maintenant ! Mais vous la verrez, elle vient me voir une fois par semaine, on ne peut pas se quitter, on ne peut pas rester plus d'une semaine sans se voir [...]. Comme avec mon frère, c'est pareil. Regardez celle-ci, on le voit bien, c'était juste avant qu'il parte à l'armée – quelle affaire, cette guerre ! –, alors, après, ses cheveux, je ne vous dis pas ! [...] On a toujours été une famille très unie. Cul et chemise, si vous me passez l'expression. Jamais plus d'un jour ou deux sans que l'un ou l'autre ne se voie. C'est comme ça. Et puis Colette – ma femme, là, vous voyez ? –, c'est la même chose, surtout avec sa sœur, et sa mère aussi, mais pour une femme, c'est normal, hein ? Alors, ça va, ça vient, et c'est un peu pour ça que l'on a décidé de changer d'appartement, parce que vous me comprenez, un F3, avec ce filé ! »