Je l’ai entamé. Je suis frappé par la manière dont la perception que l’on a de cette lettre (ou pour le moins que j’en ai) se déforme au fil des interprétations, déformation qui ne fait qu’en accentuer le côté haïssable. Haïssable comme l’est son auteur. Son auteur, qui, si j’ai bien compris, serait écrivain, d’un certain renom, qui, pour le moins, serait publié. Je ne trouve pas, contrairement à ce que certaines disent, qu’il s’agisse d’un texte d’écrivain, ou alors d’un mauvais écrivain qui s’efforcerait d’écrire comme un écrivain. C’est plat, convenu, avec juste ce qu’il faut de style pour en faire accroire. Je me suis dit à un moment donné que cette lettre pourrait avoir sa place dans un manuel de correspondance, section homme phallo, falot et suffisant. Je suis de même étonné que jusqu’à présent, personne n’ait fait mention du fait qu’il s’agisse d’un mail et non d’une lettre manuscrite. C’est la pire des insultes ; le support en lui-même est une insulte, quel qu’en soit le contenu, ou il faudrait être d’une force peu commune pour faire en sorte que les mots réussissent à chasser l’écran. Et toutes parlent d’une lettre de rupture. Non, c’est un mail de rupture, et son auteur est la machine… Je suis persuadé qu’au terme des 107 interventions, il ne restera plus de ce texte qu’une chose exsangue ne se résumant qu’à une suite de signes sans le moindre contenu, la moindre substance. Ce qu’il est déjà, il faut simplement que ça soit révélé. (Question : la réaction de l’auteur du mail face à ce travail ; peut-il en tirer de la vanité ?)

 

8 octobre 2007