« Tout est lumière. Celle qui tombe comme celle qui se glisse. Celle qui creuse les visages comme celle qui écrase les formes. Du jaillissement de cette lumière, dont la source n'est pas visible, n'est pas connue (et ainsi sommes-nous plus près de Vermeer que de Wright), sourd la plastique qui, par l'excès même de son réalisme, ne devient plus qu'à-plat de son propre reflet : clair-obscur ou ténébrisme, c'est du pareil au même, on est entre ombre et éclair et dans les deux l'on bascule pareillement...

Occupant la presque totalité de la toile est le cheval. Il est de profil, la croupe légèrement en avancée sur l'observateur, la patte avant droite levée et pliée, davantage en signe de retrait et d'attention (voire de précaution) que de mise en garde, de préparation au coup. Lui tenant les rênes au niveau du mors se tient le premier homme. Il est debout. L'encolure et la tête de la bête lui cachent le corps. On n'en voit que la tête, semblant reposer sur la crinière qui lui est une autre barbe ; les jambes, dont la position crée une confusion avec celles du cheval ; la main, fermement agrippée à la bride. De cet homme, âgé, on ne connaît ni l'identité ni l'histoire – l'histoire qui aurait pu lui être une identité –, ni les réelles intentions, hormis celle peut-être d'aider l'animal à se retirer, à ne pas atteindre, toucher le corps à ses pieds.