Et pendant ce temps-là, Eugénie tape à tour de bras sur Lucien qui, assis dans ses propres déjections, baisse de plus en plus la tête, sous le poids répété des coups, s'enfonce de plus en plus en lui-même, en son sommeil comme éternel dans lequel il semble s'être irrémédiablement égaré.

Elle tape, de la main, du poing – la main gauche aux doigts ouverts et écartés, l'autre serrée en une petite boule dure, brute et compacte –, régulièrement et avec une force et une énergie constantes, et sans d'autre manifestation de son corps que celle de ce double mouvement alterné des bras qui tombent lourdement et rebondissent sur le crâne découvert du pauvre Lucien.

« Arrête, maman ! » 

Mais elle n'arrête pas pour autant ; au contraire, semble stimulée, revigorée par ce cri du cœur de la copie de sa chair qui à peine sortie de sa chambre s'est élancée à la rescousse du père et à présent s'échine et s'acharne à tenter de rompre la cadence des deux bras emballés.

« Arrête, maman ! »