Je n’ai rien dit de la Correspondance entre Albert Wolff. Je n’ai pas dit que je l’avais littéralement avalé (si ?). Quelque chose se passait dans ce texte qui m’a proprement agrippé. Une jeune fille vierge, un adulte expérimenté. Ils s’aiment, leur amour se révèle et s’avoue au fil de cette correspondance au parfum XIXe. Cet amour se veut pur et sans taches ; c’est du moins elle qui le décide et le commande tel (l’impose même), elle qui n’aspire qu’à l’union des âmes débarrassée de l’appel de la chair. Elle invoque en partie son éducation, mais ça n’a l’air d’être qu’un prétexte. Qu’y a-t-il d’autre si l’on met de côté l’aspect religieux qui n’est même pas effleuré ? C’est cette question qui m’a tiré jusqu’à la fin, une fin qu’il me tardait de connaître, une fin qui m’a carrément mis par terre tant elle est stupide et bête alors que les mots jusqu’alors m’avaient fait espérer une sorte de révélation. Il y avait de belles envolées, une pensée subtile alliée malgré tout à une écriture bellement alambiquée qui était propre à créer une dimension inédite. Et en quelques lignes, ça a été l’effondrement complet, une catastrophe qui m’a fait me demander si le propos n’avait pas échappé à son contrôle et si la promesse de l’éclat ne s’était pas faite par hasard, à l’insu de l’auteur qui n’aurait fait que suivre une voix intérieure qui ne lui appartenait pas et à laquelle elle n’aurait finalement rien compris. Notes :