1977. Série Noire. L'époque de ces incroyables montages photographiques en couverture qui mériteraient bien une publication séparée, alliage de l'humour perplexe et de la ringardise attendrissante... Ringardise qui n'a d'égale que celle des titres qui laissent d'autant plus pantois qu'ils n'ont que rarement de rapport avec les originaux (Le grand sommeil est une des rares exceptions) qui, très sérieux outre-Atlantique, se transforment ici en pauvres formules de racolage (encore que l'on puisse y voir de l'humour – le traducteur doit bien en rire, tout de même ! cf. texte de 4e de couverture). Ainsi : The gambler, the minstrel and the dance hall queen, soit : Le Flambeur, le ménestrel et la reine du bal, qui, une fois récuré, se fait « d'amour et de sang frais »...
La légende du « joueur, du ménestrel et de la reine de saloon » sert de base à cette intrigue, seule chose véritablement intéressante de ce texte sans grande originalité. « La légende me revient à l'esprit comme un paysage d'hiver. Lorsque le joueur avait tué le ménestrel, il avait donné un sac d'or à la reine du saloon. Si Jackson Barnes était Arnie, alors l'homme de la mine était Brandy, et les billets
– le sac d'or – étaient destinés à Jessica. »
« Minstrel » désigne aussi les chanteurs blancs qui, à une époque, militants pour le rapprochement des peuples et des races, se grimaient gentiment en chanteurs noirs. (Cirage et yeux globuleux, à s'y méprendre ; Al Johnson comme un Bader de la bedonnerie et de la suffisance sudiste.) Et « queen », c'est aussi une « pédale »... Tout ceci est singulièrement absent du titre français...
(À la page 10, on joue à la « pelote» ;
à quoi peut bien correspondre cette « pelote » aux États-Unis ?)

26 juillet 1997