Puces immenses où très vite nous sommes trempés (Jacques en sandales et sa parka passée sur son costume safari, sa capuche qui lui donne l’air de l’un des moines des Fioretti de Rosselini), Jacques que nous perdons très vite, Susan que je perds à un carrefour ; avise le café du Centre, parcours néanmoins les stands sans la moindre envie de devoir soulever les plastiques et les bâches qui tentent comme elles peuvent de protéger les livres, et je n’ai guère envie de chercher des livres ; décide alors, après n’avoir pas réussi à retrouver Susan pour lui indiquer ce « meeting point », de passer un petit moment dans ce café ; mais un livre auparavant, n’importe quoi, pour lire un peu au chaud et en buvant un café. N’importe quoi ? mais même n’importe quoi, je ne le trouve pas ; ai parcouru je ne sais combien de rues pour, en définitive, acheter, en désespoir de cause, un Desproges, Fonds de tiroir. Pour le reste, rien, misère totale, personne ne lit ou tout le monde lit la même chose, ce qui revient pratiquement au même, et muni de cet ouvrage sauvé des eaux, m’engouffre dans la joyeuse fumée de ce café bondé et lui-même joyeux, ambiance de puces, c’est la fête à Neuville, et malgré tout c’est assez réjouissant.

 

2 mai 2006