C'est la préface de ce livre qui m'a inspiré les quelques lignes précédentes, soit, p. 10 ¯ : « L'essentiel ® satisfaisants. » Bref, c'est un artiste (voir mes propos dans je ne sais plus quel journal ou même mes notes concernant Masculin singulier de Marylène Delbourg-Delphys).

Le dandy est celui qui cultive et sait cultiver le culte de l'autre.
(Ambiguïté de cette formule : le culte de l'autre, c'est à la fois cultiver la notion d'altérité et le culte propre à l'autre.)

Le dandy dit : « Regardez-moi : je suis autre. Regardez-moi ! »...

C'est au Mercure de France, collection « économique ». Un texte commandé par Georges Mathieu en 1966 pour sa revue de paquebot (belle idée !) et que suit une interview. Dolto parle de cette commande de Mathieu, puis de Mathieu lui-même. Elle dit : « Comme il est un artiste, il est en résonance avec l'actuel des gens et c'est pour ça que ça plaît. » Drôle de phrase, autant dans son fond que dans sa forme, qui pourrait signifier : « Si ça ne plaît pas, c'est parce que l'on n'est pas en résonance avec les gens ; donc : on n'est pas un artiste. » L'on n'est donc artiste que si l'on est en résonance avec l'actuel des gens. Alors que c'est justement l'inverse : l'artiste va contre l'actuel des gens et c'est ainsi qu'il se définit en premier lieu. En fait, il y a une espèce de contradiction dans les termes, dans la formulation qui la rend bancale et, au bout du compte, inintelligible, voire inepte... Mais suivent des propos très justes (p. 27) concernant le dandy (du moins tel que je le vois) avec cette belle formule : « le héros de la souffrance de l'individu dans un corps humain », quoiqu'elle soit un peu excessive. Plus loin, le roi opposé au dandy : « Le dandy est solitaire, alors que le roi ne l'est pas. [...] il est conforté par ses sujets. » À discuter. Rien ne me semble moins sûr qu'un roi non solitaire conforté par ses sujets. Le dandy est un roi à sa manière, et peut-être, plus justement, un prince (dégagé de sa connotation nobiliaire).