Pas de notes. J’arrête à la page 83, ou, pour être plus exact, j’ai arrêté, il y a quelques mois déjà, à la page 83, l’ayant plus ou moins oublié depuis au pied de mon lit. C’est drôle, pas drôle. Il y a divers collaborateurs (à moins qu’ils soient tous Dac), et c’est sans nul doute Dac le plus drôle. Le seul qui, en définitive, puisse retenir un tant soit peu l’attention. Il n’en reste pas moins qu’avec le temps, tout cela prend un côté potache, vieillot, essoufflé ; vaguement ringard. Je me demande dans quelle mesure Allais ne s’en sortirait pas mieux avec le temps. Pourtant, il y a les rêves, les rêves qu’interprète Nostrautobus (?!), qui extraordinairement, après le gentil ronron des pages précédentes, prennent une dimension époustouflante, proches d’une sorte de poésie de l’absurde. Les nocturnes du chapeau (clef des songes) sont vertigineux, tout simplement : « Vous savez bien que chaque rêve a sa signification, mais comment la découvrir quand on ne connaît pas une bonne méthode d’interprétation ? En voici une parfaite. À chaque mot que vous avez rêvé correspond le sens de votre songe : Alinéa : Si l’on rêve d’un alinéa mâle, bonheur dans la maison. Si l’alinéa est femelle ; traite sans provision. Alligator : Si l’alligator a le nez rouge : vol d’habits. Si ses genoux sont cagneux : vous rencontrerez une personne plus âgée que vous qui vous demande en mariage. Lapin : Un lapin élevant des vers à soie : un voyageur lointain va vous apporter une orange. Lion : Un lion qui repasse un plastron empesé comme une blanchisseuse : petits boutons sur le nez. » Etc. Et le plus étonnant, c’est que ces interprétations sont justes et bonnes. Forcément.

 

31 janvier 2006