Léon Daudet n'est pas loin d'être tout à fait repoussant.

Il y a quelque chose de très malsain dans ce livre où il ne se fait pas prier pour étaler pensées, faits et comportements dont le moindre que l'on puisse dire c'est qu'ils ne sentent pas très bon. Le fasciste n'est pas loin du réactionnaire, qu'il ne se cache pas d'être du reste. Mais tout cela fourmille de petits détails, dont certains relatifs à Proust. Pour l'instant, j'en suis à la moitié, j'en ai relevé trois que je retranscris ici :

p. 76, 127, 135.

Quoi qu'il en soit, il ne parvient pas tout à fait à me faire abandonner la lecture qui, malgré tout, est agréable. Et un point que je peux lui accorder, c'est la franchise de ses opinions et la pointe de ses attaques. Ce n'est pas forcément facile d'éreinter quelqu'un. Quoiqu'à l'époque, on ne mâchait pas ses mots et les pamphlets étaient monnaie courante. Il n'empêche que ce type est détestable : conservateur, clérical, bien pensant, dont les règles se nomment modération, travail, sobriété, propreté, élévation du soi qui ne peut s'embarrasser des putes, des ivrognes, des étrangers, principalement arabes, déjà. Tout un programme. Qui manque singulièrement de nuance et de finesse.

Et peut-être même d'intelligence.

 

18 janvier 1990 (dans une lettre à B***)