Édouard souffle un peu, car il n'est plus très jeune et il peine à monter les escaliers. Il a déjà sonné aux deux portes du premier étage, aux deux portes du second étage, et à présent sonne à celle de gauche du troisième derrière laquelle il ne devine que de l'absence, car il subodore les absences, Édouard, à cette heure où les maris œuvrent, où les femmes souvent œuvrent aussi, où les enfants de toute façon étudient et piochent, et où les femmes, lorsque seuls les maris œuvrent, dorment ou vaquent. Mais il sonne quand même, et ainsi est-il le premier surpris lorsqu'au second coup de sonnette la porte subitement s'ouvre, lorsque contre toute attente apparaît à sa face la silhouette de cet homme qui tout à la fois semble partir et revenir.