Cet endroit, le gîte, est un musée du mauvais goût. C’est incroyable, et j’imagine bien une famille faire le tri de tout ce qu’elle possède pour en tirer la chose la plus hideuse à déposer dans cet endroit. Tout et n’importe quoi, du couvert à la frise, le calendrier, le métronome, le thermomètre en ancre de marine, les angelots, les images pieuses (beaucoup), les cadres, les petits animaux adhésifs (des vaches dans la salle de bains), les gravures, les vases ; pas un seul objet n’atteint le seuil du simple ordinaire, de la neutralité ; tout est désespérément et épouvantablement moche (ont-ils ri en orchestrant la décoration ?). (Orchestrer ? d’où ai-je tiré ça ?)

(J’en ai parlé avec Laura qui m’a fait remarquer que rien – ou presque – n’avait été laissé au hasard, à preuve le thème des cœurs et des anges ; j’avais remarqué les anges, mais pas les cœurs disséminés dans la maison. « Il n’empêche que c’est moche. » « Peut-être, mais ce sont leurs goûts et ils y ont apporté du soin et de l’attention. » « Oui, mais c’est moche. » Et avec la mocheté, la surcharge.)

J’alterne entre L’Étourdissement (pas déplaisant, distrayant, en tout cas) et la grille de mots croisés de L’Immonde. Le soleil a disparu, il fait un peu froid, j’ai enfilé mon gilet, je suis toujours dehors…

 

25 juin 2016