Entamé ce matin.
Pourquoi celui-ci plutôt qu'un autre parmi les multiples autres « en souffrance »
(c'est-à-dire qui « souffrent », dixit Georges) ou ceux en cours ?
Peut-être parce qu'il s'agit d'un journal. Peut-être pas.
Quoi qu'il en soit, je lis, et m'efforce de m'attacher à ce que je lis.

(Journée très particulière : un livre, un film. Cent cinquante pages d'Eliade, et L'Éclipse, qui à l'instant défile devant moi. À laquelle je n'accorde que peu d'attention. Douce somnolence. Paupières qui battent. La neige dans le jardin, des frissons d'après repas, et les pensées qui se télescopent (hardi !) et vont et viennent entre rêverie et lucidité. Je nage.)

Lecture. Eliade. Le choix de ce livre ce matin n'est pas vraiment innocent. Il avait de quoi me tenir en éveil, était propre à susciter mon intérêt. Il n'empêche... La dernière fois que cette possibilité m'avait été offerte – lecture et elle en parallèle, sans friction aucune –, c'était en juillet, au soleil, dans le jardin, soit : l'immédiat « après-Lettres ». Rien ne justifiait ma disponibilité à ce moment-là. Au contraire. Comme à cet instant précis – mais en fait depuis ce matin –, rien ne justifie ma disponibilité et un certain bien-être général... Quoi qu'il en soit, j'en suis heureux...

27 décembre 1996