Je pourrais dire à peu près la même chose qu’hier : pas de carnet (que je pensais avoir oublié et que j’ai trouvé en fin d’après-midi dans le tiroir du troisième bureau), pas de cahier. Je n’y ai pas pensé, ou du moins la pensée m’a-t-elle rapidement traversé l’esprit avec celle du carnet, pensée chassée par la lecture que j’étais en train d’effectuer : Les amants calligraphes. Je n’ai pas dû parler de ce petit livre à son époque, soit, il y a quelques semaines, Susan qui me l’a rapporté de je ne sais plus où, Emmaüs peut-être. C’est le Grand Livre du Mois qui a publié cela en 2005, ouvrage réservé aux adhérents. J’apprends que José Frèches a été conservateur du Musée Guimet et est l’auteur de quelques romans qui en ont fait le « romancier de la Chine ancienne ». J’étais un peu sceptique au départ. Je l’avais posé sur mon bureau de japonais (le cinquième ?) parmi les cartons de kanji, les manuels et autres brochures nipponnes avec lesquels il avait tout de même des affinités. Je l’avais presque oublié là. L’ai remarqué ce matin en me levant ; suis allé le glisser dans mon sac comme une suite logique aux quelques numéros de la Pensée Universelle qui l’avaient précédé. Je l'ai entamé ce matin à mon troisième bureau à moitié dévasté et en gardant l’œil sur la porte de ma salle, ouverte du fait des allers et venues des « petits jeunes » qui assurent le resserrement des filières. Mon intimité en a pris un coup, mais ils n’opèrent que deux heures par jour, le reste de leur temps étant consacré à l’écran dans le service. L’ai donc entamé et, ma foi, je me suis laissé prendre par cette petite histoire de la Chine ancienne (XVIe siècle) dédiée à la calligraphie. Le style, l’écriture sont archi classiques, mais à l’avenant du récit, et l’un dans l’autre, ça se lit très bien. Je l’ai lu dans la journée lors de mes diverses pauses cigarette à ce même bureau et dans les mêmes conditions précaires, sauf la dernière (pause) où, à l’heure où je suis entièrement seul dans le sous-sol, je peux fermer la porte ou, comme je l’ai fait avant de partir, lire dans le service à mon quatrième bureau. J’ai relevé quelques petites notes :