Une brosse, deux balais ; un ramasse-poussière et trois chiffons secs ; une peau de chamois et un bidon de détergent ; un autre de savon liquide et une bombe de désodorisant ; deux seaux de plastique emboîtés l'un dans l'autre, et une serpillière usagée ; plus d'autres produits et divers ustensiles de nettoyage qui trônent sur le petit chariot de bois que Félicité extirpe du cagibi sis sous les premières marches de la cage d'escalier.

La cage, c'est son domaine ; plus les paliers. Mais ça s'arrête là, c'est bien assez, cinq étages, plus le rez-de-chaussée, pour ses vieux os et son sale caractère.

Elle vient une fois par semaine, le jeudi précisément. Matin, de huit à douze ; ou de neuf à douze ; ou de dix à douze ; ou même, mais ce n'est arrivé qu'une seule fois jusqu'à présent, de onze à douze, une seule heure qu'elle a jugé insuffisante pour commencer quoi que ce fût et qu'elle a passé assise sur la première marche à fumer ses chéroutes, cigarillos dont les bouts sont coupés au carré et que son mari, qui a professé l'anglais, appelle « cheroots », tel que dans la phrase : Will you please stop with your damned bloody fucking cheroots !, qu'il se plaît à lui ressasser avant de se remettre à son énième traduction de l'œuvre de Wordsworth...