Bizarrerie : maints mots envoûtants ont parcouru notre réunion de ce soir autour de la table de Jean, dont « euphémisme » et « callipyge ». J’en ai profité pour placer mon fameux « phaïnoméride » que j’ai utilisé pour un personnage de la Rue V., Cyrille pour être précis, qui, arborant ses cuisses à qui le veut, est bien une phaïnoméride. Aussi bien Francko que Jean ignorait le terme que Jean a trouvé dans le dictionnaire grec, mais pas dans le Robert. J’ai alors expliqué que je l’avais prélevé d’un ouvrage touchant à la Grèce antique et qu’il désignait un certain type de femmes ou de jeunes filles placées dans un contexte particulier dont, évidemment, j’avais tout oublié. Francko l’a noté sur son cahier. Il y a quelques minutes, j’y ai repensé et ai entamé les recherches qui s’imposaient. Ce qui n’a pas été bien long puisque je me souvenais précisément et du livre et de la place qu’il occupe sur mes étagères, soit, en l’occurrence, au-dessus de moi et à ma gauche lorsque je suis assis au premier bureau. Je n’ai pas été surpris d’y trouver un marque-pages coincé entre les pages 100 et 101 (comme je le faisais habituellement avant le sitage des livres), ni de voir mentionné le terme qui renvoyait à la page 76. J’ai aussitôt envoyé un émail à Francko pour le mettre au courant de l’état de mes recherches. Et j’ai pensé alors que la période de la lecture du livre et celle de la rédaction du texte qui en utilisait l’un des termes devait plus ou moins correspondre, et donc, puisque 1991 rentre dans la période des journals, qu’il devait y avoir mention de cette lecture dans la rubrique du Livre. Il y a bien mention, mais, étrangement, assortie d’aucun commentaire : il n’y a pas le moindre lien renvoyant à une page quelconque, aussi bien à la lettre F que, dans la sous-rubrique « Divers », à la lettre G. Comment se fait-il que je n’ai relevé ni la date ni le contenu du marque-pages ? Je suis alors allé à la recherche de la date qui, ironie, coïncide avec celle de la rédaction du texte, Thibaut, en date du 8 juillet. Ne me reste plus qu’à réparer le mal (et je pense qu’il n’est pas invraisemblable que d’autres livres m’aient ainsi échappé).

 

15 décembre 2001