Il a un costume de serge, et dessous une cravate de laine, dont il est très fier puisqu’il s’agit de celle que portait son père – alors mince et de petite taille – à sa première communion et qu’il lui a remis à sa propre première communion, à lui, Firmin, il y a trois ans de cela, Firmin qui ne la quitte plus guère et l’arbore comme si dans chacune de ses fibres pouvait se lire une parcelle de son histoire et de sa personnalité.

Firmin est pondéré, posé, réfléchi ; son allure est calme et comme calculée ; son maintien est droit, sans aucune raideur, ses gestes souples et légers, mais sans rien de félin ou d’efféminé ; ses paroles enfin sont coulées dans une espèce de matière tendre et moelleuse où n’entrent ni l’affectation, ni l’excitation, mais au contraire l’affectivité, la sensibilité et le contrôle : son père sait qu’un jour il sera séminariste, philosophe ou humaniste.

Quoi qu’il en soit, un être d’exception, être de pensée et de raison.