Après le Rijks, nous avons marché dans Jordaan à la recherche d’un endroit où prendre un café ; Princessgracht, nous sommes tombés sur un magasin qui vendait des kimonos ; Éléonore s’en est acheté un (je n’ai même pas pensé à le lui offrir). Nous avons ensuite abouti dans un charmant bar restaurant, le Tin Pan Alley, Reestraat, pour un café et des pâtisseries. Puis nous avons repris notre marche jusqu’à passer devant la maison d’Anne Frank. Éléonore et Samuel ont désiré y entrer, je m’y suis refusé ; je n’avais rien à faire de cette histoire et, en outre, je condamnais le commerce qu’on en faisait. Je les ai tout de même suivis. Tout le coin du pâté de maison qui jouxte la maison est un immeuble moderne et vitré par lequel on accède à la maison proprement dite. Ce lieu est aussi un musée à la mémoire des Juifs. On visite toute la maison, annexe à celle en façade qui était aussi un magasin (je ne me souviens plus de quoi, mais il était question d’un aliment dont les affiches publicitaires se trouvaient au rez-de-chaussée). Cette maison est assez étonnante dans la mesure où elle est attachée à la maison principale et donne sur l’intérieur du pâté de maisons (je me demande quelle en était l’utilité en « temps de paix »). Une porte au premier de la première permet d’y accéder. Devant avait été placée une bibliothèque pour obstruer le passage. Cette maison à deux étages et un grenier, il doit y avoir une huitaine de pièces. Huit personnes vont y vivre pendant vingt-quatre mois. Ce ne doit pas être drôle de vivre dans de telles conditions, mais la maison est pourvue de tout ce qu’il faut et est relativement spacieuse ; il y a dû avoir bon nombre d’autres clandestins en Europe qui ont vécu dans des conditions beaucoup moins enviables. Les murs portent de temps à autre des photos, des restes de cette période, mais tout a été vidé à la demande du père, Otto, qui a été le seul survivant. Disséminées, il y a de courtes vidéos (j’ai salué le fait qu’elles soient brèves, ce n’est généralement pas le cas dans les musées). Je ne tire rien de particulier de cette visite, mais elle m’a incité à lire le journal et tant qu’à faire, en néerlandais. Il s’en trouve, évidemment, dans la librairie. Il n’y a qu’une seule édition, le reste est en langues étrangères. J’ai feuilleté un exemplaire et je me suis aperçu que j’avais tout de même trop perdu du néerlandais pour me lancer dans cette lecture. Après hésitation je ne l’ai pas acheté. Je le regrette un peu à présent… Il me semble que la moindre des choses serait de ne pas faire payer la visite, que les frais soient pris en charge par la ville qui, finalement, est bien la dénonciatrice (puisqu’on ignore qu’il ou elle est)… Éléonore tenait à aller au t’Smalle un peu plus loin. Samuel dit que c’est le plus vieux café d’Amsterdam. On dirait un pub anglais. Nous y avons pris un verre. Malheureusement, c’était extrêmement bruyant au point qu’il m’a été impossible de participer à leur conversation. (Ce qui m’a aussi fait hésiter à acheter le journal, c’est que je désirais une édition avec un appareil critique ; il m’avait semblé comprendre qu’elle avait aussi écrit des récits ou des nouvelles durant cette période.) Le nom Opekta vient de me revenir à la mémoire. Je viens de vérifier : il s’agit d’une préparation pour faire les confitures ; c’est Otto Frank qui l’a créée et c’est bien là que ça se vendait…

 

11 novembre 2011