« À ma gauche, se trouve le visage d’Anne Frank qui illustre son best-seller ; Éléonore me l’a rapporté des puces cette après-midi. J’avais visité la maison, avec beaucoup de réticences ; ça ne m’intéressait pas spécialement et je ne me voyais pas dans la peau d’un touriste à quatre balles dans ce centre en verre toc (le centre, pas le verre), et pour parfaire, ils font payer, et c’est cher (tu crois qu’il faut payer pour visiter Dachau ou Auschwitz ?). Finalement, j’y avais suivi Éléonore et Samuel (son fils). La maison est vide, à la demande des descendants ; à leur place, j’aurais refusé de l’ouvrir pour en faire un supermarché pour gogos (dont j’étais, tant pis pour moi) et je les aurais tous envoyés promener à coups de pied dans le cul. Tout ça est parfaitement dégueulasse. Néanmoins, cette histoire avait fini par m’intéresser et dans le bookshop chic, j’avais failli m’acheter le livre en néerlandais, histoire de m’y remettre, et tant qu’à faire, autant le lire dans la langue. Puis j’avais renoncé. Aujourd’hui, il est en français, à côté de moi, et je ne sais pas si je vais le lire. Je pense que je vais retourner à Amsterdam pour l’acheter en néerlandais (avec un gros dictionnaire). »

 

21 avril 2012 (dans une lettre à Clémentine)