Outre ses panoplies et ses jouets cosmiques, Gilbert possède un chien, et lorsqu'il a regardé Kevin se lever et précéder l'homme étrange dans le hall d'entrée de leur petit immeuble, il a aussitôt pensé à son chien.

D'y penser lui a fait oublier le départ inattendu et contrariant de son camarade ; d'y penser l'a réconforté, a chassé de son esprit le léger trouble qui un instant l'avait gagné. De quoi était fait ce trouble, il ne le savait pas ; ne s'en est pas inquiété ; n'a pas même cherché à le comprendre ou à le définir ; il s'est simplement mis à penser à son chien, dans l'ignorance encore de la boule de mal qui gonflait et grandissait en lui, de cette boule noire à visage de mort dont tout le monde ignorait encore l'existence, sauf lui, le chien, qui en était empli et qui malgré tout faisait comme si de rien n'était et ne montrait que de la joie, rien que de la joie...