Olivier, on l’aura compris, est ce qu’il est convenu d’appeler un attardé, un demeuré, ou mieux, un débile mental, un déficient cérébral – encore que cette dernière formule ne soit pas particulièrement usitée, mais gageons qu’il suffirait de peu pour qu’elle finisse par agrémenter profitablement les conversations de milieu de repas –, et de même, on aura compris que de ce qui l’entoure – en l’occurrence, les calculs et projets laborieux de ses parents – il n’entend rien, ne comprend rien, ne perçoit que les sons sans habits de paroles, et les images sans parure de sens, et qu’à l’agitation sourde et nébuleuse dont il n’a cure, il préfère sa soupe de semoule quotidienne qui, à en croire Brigitte sa mère, est bien son plat favori : il faut voir comme il en redemande !