Susan qui me dit hier avoir trouvé sur l'étage supérieur de mon ancienne bibliothèque (qui est aujourd'hui la sienne), un livre m'appartenant :

Retour d'U.R.S.S. de Gide.

J'ignorais l'avoir. Je l'ai aussitôt entamé, à côté d'elle, dans le petit sofa de son bureau, tandis qu'elle lisait un Golding. Très vite, à la lecture des premières pages, ton condescendant d'intellectuel parisien qui s'émerveille devant la décence et le propreté des ouvriers et paysans soviétiques, je m'emporte. C'est en fait la mention du mot « vulgarité » qui est la cause de cet emportement. De là, une discussion sur la vulgarité, mot honnis s'il en fût (par moi, bien entendu). Nous ne nous comprenons pas. Ce que j'y mets, ce que j'y sens est très difficilement transmissible (pour changer !). Nous tombons dans une impasse... Je l'ai lu dans la foulée. Le ton condescendant et vaguement naïf disparaît pour céder la place à une certaine lucidité. Gide, au bout du compte, n'est pas dupe et reconnaît ses erreurs de jugement précédents, reconnaît s'être laissé avoir.