Une fois déshabillé, je me suis remis au lit avec un exemplaire d’une énigmatique revue littéraire régionale qu’Éléonore avait rapportée des puces : Hauteurs, un numéro de 2001 dont la couverture s’orne du nom d’Amélie Nothomb. Y figure un petit dosser à son sujet avec une longue interview, assez intéressante, surtout pour quelques réflexions au sujet des Japonais, dont la suivante :

 

« Je crois que si les Japonais se sont créé des structures sociales aussi rigides, une politesse aussi minutieuse, aussi masochiste, c’est parce que quelque part ils savent qu’ils sont le peuple le plus violent de la terre et pour se protéger contre leur propre nature, ils ont établi des règles aussi strictes. Mais quand il leur arrive de sortir de leurs règles – c’est rare, mais ça arrive, voyez la dernière guerre – ils se jettent dans les pires violences. Ils n’ont pas peur de la mort. »

 

Ça me paraît assez pertinent. Mais elle oublie les quarante années qui ont précédé la Deuxième guerre mondiale (c’est sans doute ce qu’elle entend par « dernière guerre »), la Russie, la Mandchourie et surtout la Chine… Je note au passage que toute cette violence s’est manifestée à partir de la fin du XIXe siècle, c’est-à-dire après le blocus imposé par les États-Uniens qui les ont « forcés » à sortir de leur « trou ». Leroy-Gourhan remarque que sans ce blocus, le Japon en serait encore aujourd’hui au moyen-âge…

 

16 octobre 2011