Éléonore lisait  dans le salon d'hiver : elle s'était octroyé un day off (toute l'après-midi au lit avec un livre, puis, avant le repas, dans le salon d'hiver). Elle était assise dans l'un des fauteuils d'osier ; devant elle, sur la table, s'élevait une petite pile de livres, avec, à son sommet, Le fusil de chasse d'Inoué. Je l'ai immédiatement agrippé, le lui ai montré : « you didn't tell me about this one » ; elle a haussé les épaules, « you can take it if you want ». Je l'ai entamé après le repas, achevé au lit. L'amour est une saleté, dit Gadras en substance. Je dis : ça dépend des amours, mais celui-là fait bien partie de la catégorie des saletés : amour triste, trompé, trompeur, presqu'adultérin ; en tout cas secret et filou. Ça se termine mal, évidemment, et je ne suis pas convaincu (en partie à cause du passé simple et des imparfaits du subjonctif qui, je suis désolé – en-dehors du fait que ce sont des temps à enterrer définitivement –, sont invraisemblables et insupportables dans des lettres et à fortiori de telles lettres). Dommage, l'idée de départ était séduisante...

22 juillet 2012