Je me préparais à retourner dehors où le ciel commençait à s’éclaircir. C’est à ce moment-là que j’ai appris qu’elles avaient l’intention de rentrer tôt, c’est-à-dire une heure plus tard. Je suis allé poursuivre la lecture du Maître de thé sur la terrasse où le soleil pointait son nez. Éléonore était à la plage. Le ciel était bleu à présent. Je l’ai rejointe sur la grève, puis ai marché seul en jetant un œil sur les maisons susceptibles de m’abriter. Elle est revenue, est allée s’adosser à la digue pour lire la copie de lecture que lui avais remise Innocent. Je l’ai rejointe. Un homme est apparu avec un curieux objet en toile qu’il s’est mis à gonfler à l’aide d’une pompe. Cela a pris la forme d’un petit parachute. Il y a attaché un long filin, s’est ceint la taille d’une grosse ceinture à laquelle il a attaché le filin. Il disposait aussi d’une sorte de structure à trois manettes qui, nous l’avons vite compris, lui servirait à diriger et à contrôler la toile qui déjà se gonflait et se soulevait sous le vent. Elle s’est élevée un peu, il l’a tirée jusqu’aux vagues. Il avait aussi une planche de surf. La toile allait donc être le moteur, le tracteur. Il a chaussé la planche et la toile l’a emporté sur les vagues sur lesquelles il a surfé. C’était très impressionnant. Ça a duré à peine cinq minutes. Il est revenu, a tout remballé. Tant de préparation pour si peu de temps. « Ça doit être exténuant de retenir cette toile à bout de bras », a fait Éléonore. Nous sommes revenus à la maison où Doriane et Zoé commençaient à tout ranger. J’ai lu quelques pages avant que nous ne reprenions la route. Le soleil brillait sur l’autoroute.

 

6 juin 2010