J’ai commandé d’anciens numéros du Magazine Littéraire, dont un sur les écrits intimes. Je l’ai bien entamé. Jusqu’à présent, je suis le seul à avoir pensé à rédiger et tenir différents journals ; le seul aussi à avoir pensé à cette utilisation particulière qu’est le projet dans son ensemble. Je m’étonne malgré tout que personne n’ait poussé davantage la réflexion sur cette pratique d’écriture qui, à bien y réfléchir, est tout de même hautement troublante, et vaguement inquiétante…

Je me suis demandé il y a quelques instants si ce travail sur les journals n’aurait pas davantage de sens et de valeur s’il ne restait que littéraire, c’est-à-dire s’il ne touchait que l’écrit. En définitive : pourquoi l’opéra, la représentation scénique ? La théorie est peut-être amplement suffisante, le dossier se suffit peut-être à lui-même. Il me semble qu’un travail sur l’écrit seul pourrait être autrement plus intéressant, et plus juste ; par exemple, la confusion des années : un journal sans années qui irait du 1er janvier au 31 décembre, serait découpé par mois et évolutif…

 

3 septembre 1996