Que j'ai achevé vendredi et dont j'ai à reporter quelques notes. Un mot auparavant sur Auster (dont je viens, dans ce second livre,
de découvrir la judaïté, point qui m'a quelque peu « désolé » :
l'inévitable Anne Frank (voir Roth), l'inévitable mention aux camps, à la persécution, à la malédiction...). Un mot, donc. Mais qu'en dire ?
Comme à chaque fois, comment parler d'un livre, d'un auteur ?
Je ne sais pas. Mais si je ne sais pas, c'est peut-être que, au-delà du plaisir évident que j'ai éprouvé et que j'éprouve à le lire, au-delà de l'intérêt que je vois chez lui et du potentiel littéraire qu'il me semble contenir,
c'est peut-être que je n'ai rien à dire (mais est-ce bien nécessaire ?).
Alors, les notes :

page 27 : la lettre de Vincent. Coïncidence, comme je les aime bien : mention de Van Gogh, dont je viens d'achever la lecture des lettres.

page 37 : le cas « AUSTER »... l'assassinat de son grand-père par sa grand-mère, qui m'a rappelé un dossier dans GRANTA sur divers faits divers sanglants aux États-Unis dans les années 10. Quelque chose, dans la relation précise qu'il fait (Auster) de ce meurtre familial (qui, bien sûr, m'a rappelé le « mien », soit celui présent dans ma propre famille, en Belgique, dans les années trente, tante et oncle, et sur lequel je me suis toujours promis d'aller enquêter un jour), m'a fait penser que ce cas était dans le dossier GRANTA... J'ai effectivement vérifié (GRANTA 41) ; je me suis trompé.

page 48 : to play end on, que je ne connais pas, puis :

page 49 : a mother to end all mothers... Tous mes dictionnaires, unilingues ou non, restent silencieux sur ces deux points.

page 66 : paragraphe 3 : « Never to have seen... », qui dit en substance, parlant de la mort de son père : « De ne pas l'avoir vu mort m'a privé d'une douleur (anguish) que j'aurais pourtant accueillie volontiers (qui aurait été la bienvenue). » J'ai aussitôt pensé au mien, de père, et à une réflexion que je m'étais faite, identique à la sienne. C'est du moins la première chose qui me soit venue à l'esprit : l'identicité (?) des réactions. Puis, quelques secondes plus tard, je me suis rendu compte qu'il n'en était rien ; d'une part, j'avais vu mon père mort – mais si brièvement que je me demande parfois si cette vision fût réelle, même si elle est gravée à jamais en moi – ; d'autre part, cette réflexion, la mienne, était sensiblement différente, à savoir : ce que j'ai ressenti (et ressens encore) a été immensément moindre que ce à quoi je m'attendais ; en fait, il n'y a pas eu de réelle souffrance, douleur, peine, là où j'aurais voulu (et veux encore !) en connaître une immense (et ce n'est pas « voulu » que je voulais dire, mais « dû » !). J'aurais , ça ne pouvait être autrement, et pourtant il n'y a pas eu, ou peu. Est-ce parce que j'ai trop craint cette mort depuis des années, et alors me serais-je en quelque sorte immunisé ?

page 138 : Proust-Beckett. Beckett aurait dit,
au sujet de Proust : « L'homme nanti d'une bonne mémoire ne se souvient de rien car il n'oublie rien. » Où ? Dans son essai de Minuit ?
J'ai pensé un moment que Beckett avait rédigé son Proust en français, mais il n'en est rien. Quoi qu'il en soit, la proposition me semble très discutable (pour ne pas dire fausse).

page 140 : La Femme en bleu de Vermeer.
Est-ce bien celle à laquelle je pense ? (Woman in blue, puisqu'il s'agit du titre anglais, ne me dit rien...) Il s'agit de la Jeune femme en bleu. Je pensais à la Liseuse, mais la confusion est pardonnable...

page 142 : Vincent, de nouveau...

page 144 : mention de deux peintres français : Maurice Denis et Jean Follain. Que je ne connais pas. À vérifier... Ai-je des fiches ?

page 145 : The key et le F above middle C. Épisode en effet troublant (ces éternelles coïncidences !).

page 148 : Uncanny et Freud, passage que je ne suis pas sûr d'avoir bien saisi... La relecture que je viens d'en faire (avec, ce qui me manquait, une meilleure compréhension du terme « uncanny ») me rassure tout à fait... Au fait : « Unheimlich » en allemand, « Uncanny » en anglais ;
et en français ?

page 158 : Jonas. Pourquoi ai-je noté cela ?

page 160 : Womb, tomb, jeu de mots de l'auteur ; comment le traducteur s'est-il débrouillé ? À vérifier... Puis : la chambre du père et du fils // Marcq. En effet : le fils s'installe à Paris dans une chambre de bonne et découvre que son père a occupé la même durant la guerre. J'ai pensé à Marcq, l'appartement que nous avons occupé de 1978 à 1989, à une centaine de mètres d'une maison où ma mère a été en service pendant la guerre. Coïncidence encore...

page 162 : Proust encore. Citation en anglais. Non replacée dans le texte. J'aurais aimé comparer avec l'original (il s'agirait de Du côté de chez Swann, bêtement traduit : Swann's way).

Je citais Roth, tout à l'heure.
N'y aurait-il pas quelque affinité entre lui et Auster ?

16 mai 1993