La fête qui se prépare au troisième étage du numéro 6 ne saurait se faire sans femelles (encore qu'il ne soit pas sûr qu'au fond de chacun d'eux ne gigote pas le lointain désir que cette brune effrontément belle leur soit effectivement seule et unique com-pagne, qu'à tour de rôle et vraisemblablement de force, ils honoreraient), doux vocable auquel ils prétendent redonner le caractère neutre que lui appliquent les anglo-saxons, mais qui en fait est bien empreint de toute la péjoration que leur accent distingué est capable d'exprimer.

Aussi, cette fois, c'est Irène qui s'avance et s'annonce, et qui à présent sonne à la porte que Bénédictine munie de son verre va ouvrir...

« Bonjour, chérie. »

Elle porte des escarpins à talons hauts et un tailleur très strict et très chic (mais serré à outrance) dont un catleya à la boutonnière est la seule note de fantaisie. Cette mise n'est pas dans ses habitudes, aussi Bénédictine la regarde-t-elle en deux fois, avant de lui dire avec une légère couleur dans le timbre :

« Tu es très belle, Irène.

– Merci. Toi aussi, Bénédicte.

– Merci. »