Je savais Koestler écrivain et reporter, mais pas homme de science, en ce sens que sans être un véritable scientifique, il a (semble avoir) beaucoup réfléchi à la question. Janus est une de ces réflexions. Œuvre didactique et de vulgarisation qui se penche sur l'homme et sur l'univers. Pas mal de choses que je savais déjà (mais qu'il n'était pas inutile de me rappeler), d'autres que j'ignorais mais qui ne me resteront guère du fait d'un discours un peu ennuyeux. Et d'une écriture sèche et pauvre. Typiquement anglo-saxonne dans le sens d'une analyse froide et passablement scolaire. De plus, on n'échappe pas à l'inévitable parallèle art/science que les scientifiques – ou se prenant pour tels – s'évertuent à poser, voulant absolument qu'artistes et scientistes marchent main dans la main du seul fait qu'ils ont en commun le processus créateur comme base de départ. Il ne tarit pas d'exemples pour essayer de prouver qu'il s'agit de la même chose : artistes et scientistes sont d'identiques créateurs. En vain. Erreur grossière et je m'étonne que l'on puisse faire cette confusion. Si Koestler s'y entend en science, il ne comprend rien à l'art. C'est pour cela qu'il s'y entend en science. Que les mathématiciens créent, raisonnent abstraitement, pensent par images, ont une certaine conscience esthétique qui accompagne leur recherche et qu'il y ait une certaine idée du beau dans la création et la contemplation d'une équation, c'est entendu. Mais ça n'en fait pas pour cela des artistes. Et que l'art s'appuie sur les mathématiques et s'aide de la science n'en fait pas un frère jumeau de la science. Voir les intellectuels ou autres politiques parlant des ouvriers sans jamais avoir mis les pieds dans une usine...