À chaque fois que j'ai lu ce genre de discours, j'ai toujours eu l'impression d'un complexe du scientifique vis-à-vis de l'artiste, ne serait-ce que par l'accumulation forcenée d'exemples censément être des preuves et qui ne sont que de malhabiles justifications. Tout comme la science, l'art progresse, dit Koestler. Faux. Il n'y a pas de notion de progrès en art. Car l'art est un état. Giotto, Bruegel, Turner, Boucher, Bacon (curieux que je ne cite que des peintres...) disent tous la même chose : le mystère de la condition humaine. Si les scientifiques se préoccupent aussi de la condition humaine, c'est pour l'expliquer. L'artiste lui, c'est pour l'exprimer. Ou plus exactement pour l'inexprimer... Autre erreur grossière de sa part : il ne peut y avoir de neuf sans destruction de l'ancien, sans sa remise en question. Ce qui est vrai. Ainsi la science progresse : chaque théorie, chaque découverte détruit la précédente qui dès lors se révèle être fausse. Ainsi va l'art : l'impressionnisme détruit l'académisme ; le cubisme, le fauvisme détruisent l'impressionnisme. Mais qui dit que l'académisme ou l'impressionnisme sont faux ? Ou que Bacon est plus dans le vrai que Botticelli, ou Strawinsky que Bach ? L'art n'a que faire de ces notions : l'artiste a toujours raison.