Il est sous la forme d'une statuette, roide, dressée, enchâs-sée au fond d'une niche en plâtre surplombant la porte cochère du numéro 19.

C'est de derrière cette porte – en bois, à deux battants constamment ouverts, que deux crochets (deux longues tiges d'épais métal grossièrement repliées à leur extrémité) maintiennent dans cette position, rendant de ce fait inopérante et inutile la cale d'acier fichée dans le sol en l'exact milieu de la ligne joignant les deux billots de pierre d'un autre siècle qui marquent encore chaque encoignure de l'entrée –, et plus précisément du fond de la cour à laquelle elle permet l'accès, qu'émet la station de radio du quartier.

Créée il y a deux ans à peine, elle assure dans un rayon d'un kilomètre (et ce avec un certain succès, à en juger d'après les lettres de protestations qui affluent à chaque cessation d'émission et les appels téléphoniques de remer-ciements aussitôt qu'elle reprend) la vie musicale et culturelle de quelques milliers d'habitants.